Les accusés contestent les charges qui pèsent sur eux

L’acte d’accusation détaille les tirs essuyés, parfois à quelques mètres de distance, par les policiers. Des fonctionnaires qui ont également été les cibles de couteaux de cuisine ou de fer à béton taillés en javelot. «C’est la première fois en France que l’on juge des personnes qui ont tiré sur les policiers », souligne Ludovic Collignon, responsable départemental du syndicat de police Alliance, qui réclame « des peines exemplaires ».

Devant la cour d’assises, les accusés, qui contestent les charges qui pèsent sur eux, encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Agés de 23 à 30 ans, ils comparaissent pour tentative de meurtre sur des policiers dans l’exercice de leur fonction et en bande organisée, le cinquième pour complicité. L’accusation s’appuie beaucoup sur les témoignages « sous X » de personnes à qui on a garanti l’anonymat pour éviter les représailles. Malgré la présence de 250 à 300 jeunes dans les rues, des habitants aux fenêtres, la police judiciaire a dû lancer un appel à témoins en promettant de l’argent. Ce contexte juridique promet deux semaines de débats houleux dans l’enceinte de la cour d’assises qui entendra près de 90 témoins. Samedi après-midi, des habitants de Villiers-le-Bel et les proches des cinq prévenus ont manifesté dans le calme devant le palais de justice de Pontoise. Ils sont venus réclamer « un procès équitable » et refuser « un procès pour l’exemple ». La grande banderole noire qu’ils avaient déployée donne le ton : « Enfants des quartiers + témoins sous X rémunérés = ticket pour la geôle ».

Le Parisien

Intervention de Ludovic COLLIGNON, Secrétaire Départemental du Val d'Oise
Journal de 20H du 21 juin 2010, France 2 et France 3 National