"Il y a urgence à restaurer l'autorité de l'Etat"

Cette mort a provoqué une vive émotion dans les rangs de la police. Ce mercredi soir, à 18 heures, ils seront certainement beaucoup à venir de manière spontanée devant le commissariat de Dammarie-les-Lys, à la fois pour rendre hommage à leur collègue disparu et exprimer «dans le calme et la dignité» un sentiment de colère, voire de ras-le-bol.

Un rassemblement qui ne sera pas sans rappeler celui qui avait eu lieu à l'occasion de la mort, il y a deux mois, de Patrice Point à Chessy, pas très loin de là. Un policier de 51 ans volontairement renversé par des malfaiteurs lors d'une tentative de cambriolage. Car la mort du brigadier Nérin s'inscrit aussi dans une autre logique, celle d'une «banalisation de la violence» dont font l'objet les fonctionnaires de police en France, une réalité sans cesse dénoncée par les syndicats de police, de gauche comme de droite.

Mal-être

Dès mardi soir, les premiers communiqués des syndicats ne disaient pas autre chose..Le plus incisif a été Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat de gardiens et gradés Alliance (droite). «Il ne faut pas s'en tenir qu'à ce drame, souligne-t-il dans l'Express. Nous sommes dans un processus d'aggravation des violences contre les collègues.

Ce meurtre, il pourrait aujourd'hui aussi avoir lieu dans une banlieue ou dans un camp de gens du voyage. Il y a urgence à restaurer l'autorité de l'Etat.» Le syndicaliste demande à être reçu sans délai par le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, afin de «lui faire part de la vive émotion et de la colère ressentie par l'ensemble des policiers».

Intervention de Jean Claude DELAGE, Secrétaire Général, BFMTV - 17 mars 2010 à 17h00